Ishango

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Création de Camel Zekri

avec Dominique Chevaucher et les Pygmées Akas de Centrafrique

 

Ishango est une rencontre et une expérience musicale qui a pris naissance lors d'un repérage pour le Festival de l'eau en 2000. Après plusieurs éditions du festival, des heures d'improvisations musicales et de chants, Ishango est conçue de manière évolutive sur trois ans en 2009, tel un tryptique avec la présence permanente de quatre voix, de la guitare, des percussions et du theremin.

Pour la première création, le slameur Giacomo Spica est présent. En 2010, c'est au tour de Cooper Moore de rejoindre l'aventure. Pianiste, poète et improvisateur américain, il a créé au cours des ans une collection impressionnante d’instruments à base de papier, bambou, métal, bois et acrylique. Il se produit la plupart du temps avec son «ashimba» (sorte de xylophone), son arc préparé, sa harpe horizontale, son banjo artisanal home-made, ou son arc-à-bouche électrique. En 2011, pour la troisième aventure, c'est un retour aux sources, aux racines du projet, dans un désir d'exploration d'un temps d'avant la forêt traversée, d'avant cette musique découverte ; comme un imaginaire qui se ressourcerait à une écoute première.

 

Le timbre

Les musiciens Aka sont intégrés dans le processus de composition qui donne une grande part à l'improvisation où le timbre est le pivot des pièces musicales. Les combinaisons sonores inédites entre les instruments en bambou, en bois avec cordes nylon, aux tambours grave médium en peau d’antilope, le theremin, la guitare électronique et le détournement sonore d’objets de récupérations donnent le caractère d’une musique du monde au présent.

 

La voix et l'improvisation

Ce quatuor vocal, auquel s’ajoute la voix parlée, intègre des éléments musicaux qui paraissent extrêmement éloignés les uns des autres. Le dénominateur commun est l’improvisation. Les musiciens Aka sont libres d’utiliser leur technique vocale comme ils le souhaitent. Ils peuvent chanter en voix de basse, baryton ténor (kingo-ékoké), en voix de tête (kingo-ékélélé) ou combinant les deux en créant une sorte de double voix dans la polyphonie vocale existante. Dans les polyphonies pygmées, kiogo-ékoké est réservé aux hommes. Kingo-ékélélé est partage entre les deux sexes. la voix médium (Ndiyengué) est un espace qui appartient aux femmes. C’est là que Dominique Chevaucher installe ses improvisations.

 

Le rythme
Le rythme est le lien fondamental de la relation musicale. Jouer ensemble, alors que nous n'avons pas la même pulsation, devient possible grâce à la compréhension intellectuelle et le ressenti physique.

 

La parole

Les chants des musiciens Aka, parlent de la vie en forêt. Ils décrivent des scènes de chasse, font des louanges aux meilleurs chasseurs, avertissent le village qui partagent le gibier dans la joie. C’est le Mo-mbété (flûte) qui entonne la mélodie que reprennent en chœur chasseurs et villageois. Avec le Mbongongo (harpe) les paroles abordent la beauté des femmes sur des airs courtois. Le prétendant apporte la dote et demande l’approbation des parents. Ceux-ci, s’ils considèrent l’homme apte à protéger leur fille, lui accorderont sa main. Les Mokinga sont les tambours qui transmettent les messages pour avertir les villageois qui sont en forêt d’un malheur qui est arrivé au village. Alors, tout le monde revient rapidement. Il est utilisé pour les funérailles afin de libérer les forces du mort. Les totem du défunt sont alors transmis à son héritier. C’est sur ces paroles fondamentales et universelles de la culture des pygmées Aka, que les textes du slameur s’inscrivent. L’urbanité rencontre la forêt. La sagesse ancestrale des Aka sert de socle à nos sociétés en dérive. L’harmonie qui se trouve dans la relation entre les hommes, avec la nature et au corps, prend une force lumineuse face aux valeurs en mouvement de la modernité. Les textes urbains du slameur s’entrechoquent avec les paroles de la forêt.

 

Entre leur forêt nos villes et campagnes

 

La musique, ce n'est pas tout. Il y a la vie et là où nous vivons. Et ne pas découvrir cela lorsqu’il s’agit des pygmées c’est perdre quelque chose d’essentiel. De même que pour eux, il était nécessaire de voir nos lieux de vie, nos territoire de vie. Sans cet échange la rencontre n’aurait pas été complète. Le fait de nous rencontrer là où nous vivons que ce soit celui de la ville ou celui de la campagne a permis un équilibre dans la relation et la possibilité de parler de tout ce que respectivement nous ressentons, nos émotions, nos troubles, nos incompréhensions … chacun le disant à sa manière, chacun le comprenant à sa manière.

Chez eux, il y a la forêt ou plutôt la déforestation. Au fur et à mesure de nos voyages, nous avons vu leur milieu se dégrader. Nous avons vu leur culture s'effacer petit à petit. Nous avons découvert des villages où il n'y avait plus de pratiques de chants et de danses traditionnels. Les textes censés défendre leurs droits n'arrivent pas au cœur de la forêt. Alors, ils viennent en France et à l’étranger pour se présenter eux-mêmes, pour dire qui ils sont, non seulement une des plus anciennes civilisations du monde qui a côtoyé la grande civilisation de l'Egypte antique, mais qu'ils ont aussi une des plus grandes connaissances pharmacopées de la planète, et qu'ils ont inventé une polyphonie libre, ouverte, généreuse et universelle où la hiérarchie n'existe pas.

 

Jean Pierre Mongoa (chant, harpe), Joseph Epanza (chant, flûte) et Prosper Kota (chant, percussion) sont les piliers, la mémoire du village de Moundjou Ngonda. Leurs chants profonds retracent la vie du campement, parlent des femmes et des hommes, de leur attachement à leur milieu naturel.

Par la création, la composition et l'invention, ils affirment leur appartenance à la modernité. D'une manière pacifique, ils nous disent que nous sommes tous des contemporains.

 

CAMEL ZEKRI

 

 

ISHANGO Opus 1 :

Distribution artistique : Camel Zekri : direction artistique, composition et guitare/ Dominique Chevaucher : improvisation vocale, theremin /Joseph Epanza : chant, flûte, percussion/Prosper Kota : chant, percussion /Jean Pierre Mongoa : chant, harpe, percussion/ Giacomo Spica : slam, instruments préparés

Distribution technique : Louis-Herman-David Niamolo : Accompagnateur - Interprète

Ingénieurs du son : Philippe Petit & Jean Trebuchet

 

 

ISHANGO Opus 1 :

Distribution artistique : Camel Zekri : direction artistique, composition et guitare/ Dominique Chevaucher : improvisation vocale, theremin / Joseph Epanza : chant, flûte, percussion / Prosper Kota : chant, percussion / Jean Pierre Mongoa : chant, harpe, percussion / Cooper Moore : instruments préparés

Distribution technique : Louis Hermann Niamolo : Accompagnateur / Interprète

Technicien son : Denis Dupuis

 

ISHANGO Opus 3 :

Distribution artistique : Camel Zekri : direction artistique, composition, guembri et guitare/ Dominique Chevaucher : improvisation vocale, theremin / Joseph Epanza : chant, flûte, percussion/ Prosper Kota : chant, percussion/ Jean Pierre Mongoa : chant, harpe, percussion

Distribution technique : Louis Hermann Niamolo : Accompagnateur / Interprète

Technicien son : Julien Guinard

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